maman ambitieuse

La culpabilité parentale; parlons-en!

Parlons du sentiment de culpabilité parentale! Je suis entourée de jeunes parents et donc, même sans faire référence aux cas discutés dans ma pratique de coaching, je peux affirmer que nous en sommes tous et toutes victimes, mais à différents degrés. On constate également que les mères semblent vivre cette culpabilité plus fréquemment, voire constamment. (Question d’en simplifier la rédaction, je parlerai dans ce billet au féminin, mais je garde en tête que même les papas la vivent!)
AVERTISSEMENT : Je ne suis pas une experte en la matière, mais je vous présente mon point de vue.

Qu’est-ce que c’est la culpabilité parentale?

Selon healthline | Parenthood 1, la culpabilité parentale est « le sentiment omniprésent de ne pas en faire assez en tant que parent, de ne pas faire les choses correctement ou de prendre des décisions qui pourraient «gâcher» vos enfants dans le long terme. »

© Styled Stock Society

D’où ça vient?

La culpabilité qu’on peut vivre dans notre vie de parent prend son origine de plusieurs endroits. Il y a d’abord notre entourage qui nous veut que du bien et qui va de recommandation en recommandation sur quoi faire et SURTOUT quoi ne pas faire avec nos enfants. Sans sans rendre compte, ces interventions peuvent à la longue nous peser lourd sur les épaules.

Il y a également toute la pression sociale : nous vivons dans une société où l’information nous est rapidement et facilement accessible. Nous sommes bombardés par les recommandations des meilleurs experts de l’enfance qui nous dictent les bonnes pratiques sur le jeu, les écrans, le sport, le comportement, l’alimentation et j’en passe. On a l’impression qu’il faudrait devenir experts de la petite enfance pour élever notre progéniture correctement et éviter de leur gâcher la vie !!! Euh…

La venue des médias sociaux a aussi fait en sorte que tous s’expriment sur les choses à faire et à ne pas faire auprès d’autres parents, contribuant à créer des climats malsains sur les plateformes sociales. Qui n’a pas été victime de « mommy bashing/shaming » de la part d’une inconnue parce qu’elle n’allaitait pas ou qu’elle avait opté pour la DME [Insérer ici la situation de votre choix!]. On semble avoir oublié qu’on est l’experte de NOTRE enfant et pas de tous les autres!

C’est sans compter sur tous les influenceurs et influenceuses (à petite ou grande échelle) qui nous présentent une image très léchée de leur parentalité. Heureusement, on voit de plus en plus de nouvelles mamans influenceuses remettre les pendules à l’heure et je salue personnellement leur geste. Ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seule à en arracher parfois!

Finalement, il y aussi le stéréotype de la maman comme « parent principal » (je déteste ce terme!), celle qui assure la grande majorité des tâches dans l’éducation des enfants, dans l’entretien de la maison et dans l’organisation de la vie familiale (you know, la fameuse charge mentale!).

Tranche de vie : Dans mon ancienne vie, je devais m’absenter de la maison toute la semaine quelques fois par année. On a pris l’habitude de me demander qui s’occupait de ma fille pendant ce temps-là : DUH, son père!! Je n’ai JAMAIS été inquiète de les laisser ensemble et je partais l’esprit tranquille. Pensez-vous qu’on poserait la même question à mon conjoint si les rôles avaient été inversés? J’en doute! Évidemment, cette question d’usage provient de stéréotypes profondément enracinés dans nos mœurs : maman qui élève les enfants et papa qui rapporte le bacon à la maison! Ainsi, une partie de notre culpabilité provient d’un stéréotype qui perdure dans notre société et qui se manifeste par le genre de commentaire mentionné plus haut.

On a encore du chemin à faire de ce côté : il faut comprendre que les femmes ont réellement commencer à intégrer le marché du travail dans les années 1950 et que les progrès pour équilibrer les rôles à la maison se font LENTEMENT (peut-être un peu trop lentement!). On a tous un travail à faire de ce côté pour changer les choses.

Comment on passe par-dessus ça maintenant?

Je vous propose ici quelques pistes de solutions. Prenez ce qui vous concerne et mettez de côté le reste. L’objectif ultime est de vous permettre d’identifier ce qui cause ce sentiment de culpabilité et voir comment vous pouvez l’amoindrir ou carrément l’éliminer.

1.      Comprendre le sentiment d’attachement chez l’enfant

Ce point-là 👆 , il a changé ma vie!!! C’est en discutant avec ma thérapeute que nous avons abordé le sujet. Elle m’a fait comprendre que l’attachement, c’est l’accumulation de petits gestes d’affection et de soutien qui contribuent à solidifier le lien parent-enfant et que dans la mesure où ce lien est entretenu, nous n’avons pas à nous inquiéter du fait que nos enfants ne bénéficient pas suffisamment de notre attention quand on se consacre au travail. Au contraire, on les aide à développer leur autonomie…et n’est-ce pas l’objectif d’élever des enfants? [Je ne suis pas experte, je vous invite à en lire plus sur l’attachement parent-enfant.]

2.      Réduire le « bruit » qui vous entoure en vous munissant de « frontières » (boundaries) saines

Interrogez-vous sur les sources d’informations positives et négatives qui influencent votre façon de vivre la parentalité. Notez les émotions que ça éveille en vous et prenez les initiatives pour réduire le bruit. Désabonnez-vous des comptes sur les réseaux sociaux qui éveillent en vous des sentiments de honte, d’insuffisance et de culpabilité. Vous pourriez également décider de concentrer vos lectures sur tous les sujets liés à l’enfance à seulement quelques sources crédibles. Chose certaine, n’oubliez pas qu’il existe plusieurs versions dans les belles et bonnes façons d’élever un enfant. Faites-vous confiance : c’est VOUS l’experte de votre enfant!

© Styled Stock Society

3.      Faire un exercice de valeurs

Si vous n’avez encore jamais pris le temps de faire l’exercice de déterminer vos valeurs, je vous invite fortement à le faire. Cela permet notamment de voir ce qui est d’importance pour vous et de comprendre vos comportements et vos décisions. Pour ma part, une de mes valeurs les plus importantes est de me réaliser. Ainsi, je suis la meilleure version de moi-même quand je peux participer à des activités qui me permettent de développer mes compétences et mettre à profit mes aptitudes. Comme mon objectif est de donner le meilleur de moi à ma fille, je sais que c’est en travaillant sur des projets professionnels stimulants que j’y arrive. Comprendre les valeurs qui vous propulsent et vos besoins intrinsèques contribuent à éliminer le sentiment de culpabilité. L’exercice d’établir ses valeurs permet également de réaligner ses priorités et d’organiser son quotidien en conséquence.

Il existe différents outils ou ouvrages sur les valeurs. Personnellement je travaille principalement avec le livre d’Isabelle Nazare-Aga, Je suis comme je suis.

4.      Discuter mécanique avec votre partenaire

Je ne pense pas que ce soit pratique courante d’aborder la mécanique familiale au moment où l’on décide d’avoir des enfants, mais ça devrait! Avez-vous déjà discuté de vos ambitions professionnelles respectives et de l’impact que cela pourrait avoir sur votre vie familiale? Si vous ou votre partenaire travaillez dans un domaine où il est plutôt difficile de s’absenter, il y a fort à parier que ce sera toujours « l’autre parent  » qui prendra en charge la marmaille en cas de maladie. Si l’un d’entre vous décide de postuler sur un poste qui nécessite beaucoup de déplacements, l’autre doit être bien conscient qu’il devra assurer pendant ces périodes. Si c’est clair en partant, pas de problème à l’horizon, mais si c’est toujours sous-entendu, Watch out les conflits à l’horizon!

N’hésitez pas au fur et à mesure de vos changements professionnels d’anticiper certaines situations familiales et de mettre en place d’emblée les mécanismes pour limiter les ressentiments, les malentendus et les sentiments de culpabilité. Il est d’ailleurs préférable d’aborder tous ces sujets quand il n’y a pas de charge émotive, question d’éviter d’ajouter de l’huile sur le feu.

5.      Consulter quelqu’un (thérapeute ou coach)

Si vous pensez que les raisons pour lesquelles vous vivez ce sentiment de culpabilité sont plus profondes, je vous invite fortement à chercher du soutien. Selon votre situation, une démarche de coaching peut s’avérer très appropriée, mais parfois on doit gratter nos petits bobos pour comprendre nos émotions et à ce moment, je vous invite à faire appel à un professionnel de la santé mentale ou à un travailleur social.

Pour aller plus loin

J’aimerais vous parler d’une dernière chose. Je pense qu’il est grand temps de présenter à nos enfants le travail comme quelque chose de positif, vous ne pensez pas? Je concède qu’on ne fait pas tous le travail que l’on aime, mais si on arrêtait de dire « faut que j’aille travailler » et qu’on le remplaçait par quelque chose du genre « je vais au travail aujourd’hui et je suis contente parce que ça va me permettre d’aider les gens et que je me sens utile; que je vais pouvoir apprendre des nouvelles choses »? Il me semble que ça enverrait un message complètement différent à nos enfants, comme quoi travailler nous permet 1) de bien vivre, 2) de rendre service à la société, 3) d’apprendre et même 4) d’avoir du plaisir. Ça met en place une saine perception du travail et de l’ambition. Évidemment, pour la suite, c’est votre rôle de trouver l’harmonie qui convient à votre unité familiale. Je vous laisse réfléchir à cela!


1 Frost, Alexandra (2020), « Why Mom (or Dad) Guilt Is a Thing — and What You Can Do to Stop Beating Yourself Up » (March), ˂ https://www.healthline.com/health/parenting/mom-guilt ˃, March 31, 2020.

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